Pérou

Du 9 juin au 18 juillet 2012

19 juillet :  Nos derniers pas de côté dans la cordillère blanche

Dernière ligne droite, dernier pays, derniers pas, près des hauts sommets des Andes, nous terminons notre voyage dans la Cordillère blanche au Pérou. Nous mettons une dernière fois les chaussures de randonnée, préparons la tente et l’itinéraire.

Les premiers jours nous offrent une météo clémente, de quoi admirer les sommets qui se dessinent. On aperçoit également les dégâts causés par l’effondrement d’une moraine retenant une lagune, qui a littéralement déversé des tonnes de sable et de cailloux dans la vallée. Afin de voir de plus près le fameux « Alpamayo » (5947m), on s’apprête à bivouaquer au camp de base. Là, on se souvient surtout de la nuit étoilée à -5°C et le gel au petit matin qui recouvre la tente.  Malheureusement, la pluie ne nous lâche pas pour les 3 derniers jours du trek. Les Gore Tex ont bien passé l’épreuve.

Ces 5 jours nous ont permis une nouvelle fois de prendre conscience du confort procuré par notre équipement Schöffel. L’altitude de la Cordillère engendre des amplitudes de températures énormes, nous obligeant à porter short, Tee-shirt respirant et chapeaux la journée, et à enfiler micro-dynamic, primaloft et bonnets le soir venu ; sans oublier la Gore Tex et les pantalons techniques pour braver la pluie et la neige. Aucun vêtement n’a échappé à la Cordillère blanche.

Ces quelques jours de marche ont été propices aux dernières pensées qui accompagnent la fin du voyage. La fatigue morale et physique est bien présente après ces 12 mois, mais ce qui domine, c’est un sentiment d’accomplissement, de sérénité ; la sensation d’être allé au bout d’un rêve.  Aujourd’hui l’excitation de retrouver son chez soi, ses amis et ses proches est aussi forte que celle que nous avions avant de partir. Il y a un an nous remplissions les sacs, la tête avide de découvertes. Aujourd’hui, la tête est pleine de souvenirs, de rencontres, de coups de cœurs mais aussi de petites galères. Le sac lui est toujours aussi plein, il déborde presque. Aux vêtements Schöffel sont venus s’ajouter les souvenirs ramenés du périple.

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24 juin :  l’Inti Raymi ou la fête du soleil

Nous avions pris date du 24 juin comme un des grands rendez-vous du Pérou à ne manquer sous aucun prétexte : l’Inti Raymi. Environ 120 000 personnes envahissent la plaza de Armas de Cusco, puis le site de Sacsayhuaman pour assister à la reconstitution de la cérémonie inca, en l’honneur du dieu Soleil. C’est surtout l’occasion de découvrir des costumes traditionnels incas splendides, d’en apprendre un peu plus sur l’histoire du pays, de voir des danses et des défilés de toute beauté.

Un peu d’histoire : « L’Inti Raymi », était la fête populaire la plus importante du Pérou, du temps des Incas. Elle était célébrée sur la place principale de Cusco, au moment du solstice d’hiver, qui annonçait l’entrée dans une nouvelle année solaire. L’Inti Raymi symbolisait la consécration éternelle du mariage entre le soleil et ses fils, les êtres humains. À cette époque, le principal objet de culte du peuple était le dieu « Inti » (le soleil). À la conquête espagnole, la cérémonie fut littéralement supprimée par l’Église Catholique et les groupes andins qui célébraient la Fiesta del Sol furent démembrés. L’Inti Raymi fut ensuite oublié durant les siècles qui suivirent. Au milieu du XXème siècle, l’Inti Raymi fut remis au devant de la scène. En 1944, un groupe d’intellectuels et d’artistes cusquenos décidèrent de récupérer l’histoire de l’Inti Raymi et d’en faire un spectacle de type théâtral destinée aux habitants de Cusco. Dès lors, la célébration de la fête du soleil a lieu chaque année. Du temps des Incas, il s’agissait d’une cérémonie religieuse, aujourd’hui il s’agit d’un spectacle. Mais, il continue de véhiculer et d’entretenir l’identité du peuple de Cusco. La représentation est d’ailleurs entièrement réalisée en langue Quechua, la langue originelle des incas.

On se fraye difficilement une place sur les marches de la cathédrale de la plaza de Armas. On est sur le pied de guerre, il est 8h15 et le début du spectacle est annoncé pour 11h. À côté de nous, une famille au complet est surexcitée. La grand-mère nous explique le déroulement de la cérémonie, par où les danseurs vont entrer, ce qu’il ne faut pas manquer, bref, c’est une fan ! On profite des heures d’attente pour discuter avec notre « mamita », qui nous raconte comment était Cusco il y a 60 ans : la période du tremblement de terre en 1941, puis l’urbanisation et l’arrivée des premiers touristes au milieu des années 60.

Le cortège arrive. Un silence de plomb envahit la place, maintenant comble. Les 840 acteurs s’apprêtent à interpréter des scènes identiques à celles qui se déroulaient il y a plus de 500 ans. Le chœur des Nustas (les femmes choisies par l’Inca) apparaît. Elles interprètent des chants et des danses en hommage au dieu Soleil, au son des conques, des flûtes et des tambourins. Les armées inondent ensuite la place en arrivant des 4 côtés, suivis de la suite royale et enfin de la noblesse. La Coya, l’épouse de l’Inca, fait son entrée sur son palanquin. Puis l’Inca arrive en dernier et monte immédiatement sur la scène érigée au centre de la place. Le grand prêtre (le Willac Umu) accompagne l’Inca. Ensemble, ils offrent la Chicha (boisson traditionnelle à base de maïs fermenté) au dieu Soleil. L’Inca s’adresse ensuite au dieu en réalisant le rite de la Coca : il jette trois feuilles de coca aux pieds du grand prêtre qui est chargé d’interpréter la volonté du Soleil. Le Willac Umu informe alors l’Inca de la volonté du Soleil qui exige le sacrifice d’un lama. C’est donc sur le site de Sacsayhuaman que l’Inca et son cortège se dirigent, afin de procéder au rituel final.

 Les groupes s’éclatent alors pour défiler autour de la place. La foule est en liesse lorsque l’Inca salue le public. Pourtant ce n’est ici que du théâtre ?! On ressent la fierté pour leur culture originelle, pour leur histoire, leur sentiment de fraternité et de patriotisme qui transparaît à travers la cérémonie. Le cortège s’éloigne en direction des hauteurs de la ville, mais déjà notre « mamita », famille sous le bras, se presse sur les pas des danseurs pour ne rien rater de la suite du spectacle.

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18 juin : On a retrouvé a cité perdue

L’industrie du tourisme qui entoure le mythe du Machu Picchu a de beaux jours devant elle…à plus de 50 dollars le train (obligatoire) qui mène à Aguas Calientes plus 60 dollars l’entrée au site, cela fait cher la journée ! Heureusement, la magie du site du Machu Picchu est bien présente, comme d’autres sites extraordinaires comme Angkor au Cambodge par exemple. Le tourisme de masse et la bêtise des consommateurs d’émotions n’ont pas encore entaché la mystique et la beauté de ce site.

 Levés à 4h, partis à 4h30 pour gravir les 1780 marches qui mènent de Aguas Calientes jusqu’à l’entrée du site du Machu Picchu, nous découvrons la cité perdue pour le lever du soleil. Ce qui frappe au premier abord, c’est l’incroyable fragilité de cette ville en ruines, littéralement posée sur une crête montagneuse de quelques dizaines de mètres de large L’environnement, fait de montagnes couvertes de jungle et de vallées encaissées, frappe également par son côté escarpé et inaccessible. L’architecture est incroyable de technicité et d’ingéniosité. Les pierres qui constituent les murs  sont en granit brut et ont été ramenées de la vallée sacrée à plus de 50km de là ! Pourquoi être venus bâtir une cité si haut perchée pour à peine 500 personnes ? Pour se protéger des conquistadores espagnols qui pillaient, violaient et prenaient tout sur leur passage. Ainsi, le Machu Picchu a bien rempli sa fonction, puisqu’il a été oublié totalement au fil des siècles. Les espagnols n’y ont d’ailleurs jamais mis les pieds et c’est un américain, Hiram Bingham, qui, en croyant découvrir les ruines de Vilcabamba, le dernier bastion des Incas, a en réalité découvert le Machu Picchu par hasard en 1911. Les américains se sont donc servis au passage et ont subtilisé plus de 250 objets, privant ainsi les chercheurs de véritables outils de compréhension et d’analyse du fonctionnement de la cité. Beaucoup de théories sont donc fondées sur l’héritage des histoires racontées au fil des ans par les incas.

D’un point de vue architectural, le Machu Picchu est un bijou d’ingéniosité : empilement de pierres brutes selon un système de poids-contrepoids, temples orientés en fonction du soleil aux moments des solstices, horloges solaires, pierres indiquant les points cardinaux pour l’étude astrologique, système d’irrigation et de distribution d’eau, cultures en terrasse, etc… À cela s’ajoute l’incroyable dédale de chemins et de routes créés à flanc de falaise pour rallier les cités les unes aux autres ; (les « Chasquis » – les messagers incas- mettaient 7h en courant pour rallier Cusco à Machu Picchu… nous avons mis 4 jours !)

Courageux, on grimpe les innombrables marches qui montent plus haut encore, sur la montagne Waynapicchu qui surplombe le site. De là haut, on se rend un peu plus compte de la folie et de l’intelligence des hommes qui ont construit cette cité sur cette crête. On prend conscience aussi de la réalité des théories actuelles qui prédisent l’affaissement, puis la disparition à 10 ou 15 ans du Machu Picchu. Malgré la limite à 2500 visiteurs par jours (largement atteinte) le site se dérobe chaque jour un peu plus.

 On arpente durant toute la journée la cité perdue en long en large et en travers, du pont inca à la maison du garde… Au soleil déclinant, les derniers touristes se dirigeant vers la sortie, on a le privilège de se frotter aux lamas qui reviennent s’approprier les lieux  pour la nuit, en broutant tranquillement l’herbe poussant sur la terre fertile importée des siècles auparavant par les Incas.

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14 juin : Cusco et la Vallée Sacrée

Notre premier contact avec le Pérou commence quelques kilomètres après la frontière bolivienne lorsqu’une « mamita » monte dans le  bus avec un énorme sac renfermant un mouton (cuit, heureusement !) coupé en morceaux grossiers. Armée de son hachoir, elle découpe des parts (os, couenne et chair compris) à la demande pour 10 soles (environ 4 euros). Rien qu’à sentir l’odeur, nous avons, en ce qui nous concerne, attendus plusieurs heures avant de pouvoir avaler quelque chose.

Notre deuxième contact, nettement plus appréciable, fut avec les magnifiques rues pavées et la plaza de Armas de Cusco. Cette ville classée au patrimoine mondial, qui affiche un héritage architectural à la fois colonial et  inca, désignée comme la plus belle d’Amérique du Sud, nous séduit d’emblée, malgré les nombreux touristes qui s’y trouvent. Du centre au quartier de San Blas perché sur les hauteurs, c’est une multitude de ruelles, d’escaliers, de cours, de balcons sculptés, d’églises et couvents.

La région de Cuzco offre de nombreux sites archéologiques où l’on découvre l’histoire et l’ingéniosité du peuple inca. Sacsayhuaman, site sacré sur les hauteurs de la ville est un bijou de conservation. Les murs sont faits de pierres taillées et posées, voir encastrées les unes aux autres. Certaines pierres contiennent 8 à 12 faces différentes. L’une d’elle pèse plus de 300 tonnes !

Les ruines de Moray valent également le détour. Vues d’en haut, elles ressemblent à un amphithéâtre et l’on pense immédiatement qu’il s’agit d’un lieu de culte. Pas du tout, il s’agit d’une sorte de « lieu d’étude agricole » érigé au 16ème siècle. Les 15 paliers de cultures en terrasse, organisées en cercle offraient chacun la possibilité de cultiver des variété de fruits et légumes nécessitant différents climats. En bas, où il fait chaud et où l’humidité se concentre, les incas cultivaient des bananes (à 3700m d’altitude !!). Un peu plus haut ils faisaient pousser de la coca (qui se cultive normalement à moins de 2500m), et au sommet des pommes de terre.

Les Salineras du village de Maras sont également impressionnantes. Les 3500 bassines de cultures de sel, gérées par les habitants, fournissent du sel de table pour le pays. Le plus hallucinant est que ces « marais salants » de montagne sont alimentés par un seul mince ruisseau dont l’origine demeure inconnue. Certains disent qu’il viendrait du centre de la terre et daterait de l’époque où notre planète était entièrement recouverte d’eau de mer… Mystère !

Pour finir, on vous laisse découvrir la spécialité culinaire locale en version « avant », puis « après ». Ici, on appelle ça le « cuy al horno », à vos dictionnaires !

2 Comments to “Pérou”

  1. Nico dit :

    Une bise et un merci pour les photos et les récits…le Pérou ça donne bien envie!

    Profitez bien et prenez soin de vous comme d’hab’

    A +

    Nico

  2. Marianne dit :

    Que de souvenirs incroyables et inoubliables qd je lis vos posts :-)
    Et le cuy al horno ou asado est un délice !!!
    Cuidense
    Marianne

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Laure et Olivier

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