Patagonie

Du 3 mars au 12 avril 2012

14 avril :  clap de fin sur la Patagonie

On a quitté la Patagonie alors que l’hiver arrivait. Nos derniers jours étaient plutôt froids et humides. Pour ça nous avions la solution : reportage a visionner ici.

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11 avril : petit air de Bretagne à Chiloé

Clapotis léger, bruine, ciel capricieux, odeurs d’iode et d’algues, cris des marins pêcheurs sur le port, grincement du bois des coques des bateaux, maisons sur pilotis… avons nous débarqué en Bretagne ? « Bienvenida a la isla Chiloé » nous indique le panneau. Nous sommes sur l’île de Chiloé, petit territoire de 200km de long, où la vie est rythmée par la marée, la pêche, l’artisanat, la gastronomie locale et…la pluie !

A peine un pied posé à terre, nous sommes séduits par l’île et ses habitants. Au port, les pêcheurs et leurs épouses préparent le poisson encore frétillant, lavent et grattent les moules à la taille démesurée, hachent le congre, ou le saumon pour préparer le fameux « Ceviché ». Ça sent la mer, la vase, et le vin blanc. Ça crie les prix et les bonnes affaires du jour. Un type nous tape dans le dos, nous demande d’où l’on vient et nous fourre un verre dans une main et une cuillère de fruits de mer à la sauce citronnée dans l’autre. Pas vraiment le temps de dire « ouf », qu’il nous tient un grand discours sur la gastronomie chilote (la mejor del mundo !) et  sur la fraîcheur des produits.

Sur la place, des femmes âgées tricotent la laine ou tressent des paniers en osier. Bonnets, écharpes, tapis, chaussons, les étales des petits marchés débordent de tous ces articles qui sentent encore l’odeur des moutons à peine tondus. Alertés par des chants dans la rue, on se retrouve au milieu de la procession du vendredi saint qui rassemble une jolie petite foule dans la maigre ville de Castro. Le cortège nous mène à l’église, entièrement faite de bois à l’intérieur et classée (comme une vingtaine d’églises de l’ile) au patrimoine de l’Unesco. Nous sommes en territoire bercé par la religion. Les magasins, les hôtels, les petits kioscos arborent tous un crucifix au dessus des portes et chaque croisement a sa madone. La semaine sainte ici, c’est du sérieux !

Parenthèse d’art moderne au plus près des palafitos, ces maisons sur pilotis de toutes les couleurs que l’on découvre tout au long de Chiloé.

La « cocinera » du village de Dalcahue laisse échapper de grands bruits de casseroles, quelques vapeurs de poissons et les appels des cuisinières. On a l’impression de rentrer dans une cuisine géante où une quinzaine de « mamas » chilotes s’activent au fourneau. C’est dimanche de Pâques, la messe des enfants touche à sa fin et les familles vont débarquer d’une minute à l’autre pour déguster sur le pouce, au coin des tablées, le fameux « curanto » ou le « caldillo de mariscos ». Ça sent les pommes vapeurs, les moules, le poisson frit, les empanadas chaudes et le tout est rythmé par quelques musiciens. Bref… l’appétit ne se fait pas attendre. On s’attable et on commande un curanto. La petite mamie, filet sur la tête, nous adresse un immense sourire à peine caché par sa moustache et ouvre la marmite révélant son trésor. Une vraie caverne d’Ali Baba ! Tenez vous bien : moules (en moyenne de 8 cm de long), morceaux de poulet, morceau de lard, une saucisse, les pommes de terres, des galettes fourrée, le tout accompagné d’une sauce au délicieux goût fumé. On a d’abord pris peur du mélange des genres, et finalement, le résultat est assez étonnant et plutôt très bon. Le fumé du lard donne de l’ampleur à la saveur des moules. Bref tout est parfumé, embaumé… on succombe et on ne mangera qu’une fois dans la journée !

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6 avril : Trilogie Patagonne – Acte 3 : El Parque Las Torres del Paine

L’acte 3 de notre trilogie Patagonne se passe au fameux parc « Las Torres del Paine », côté chilien, le point le plus austral de notre voyage.

Nous avons réalisé une magnifique randonnée de 4 jours au cœur du parc national le plus visité d’Amérique du Sud, qui porte encore les stigmates d’un incendie survenu au mois de janvier suite à l’imprudence d’un touriste et de son briquet.

Commençons par une petite mise au point. À ceux qui nous ont dit « allez-y, aucun problème, si on ne sait pas que ça a brûlé, ça ne se voit pas ! », nous répondons : et bien disons que des kilomètres de troncs calcinés et de sols gris de cendre peuvent difficilement signifier autre chose que les séquelles d’un incendie. À ceux qui nous on dit : «  les trois quarts du parc sont partis en fumée, ça ne vaut pas le coup d’y aller », nous répondons : d’une part, les flammes, qui n’ont brûlé qu’une petite partie du parc, ont créé un « no man’s land » pas inintéressant à parcourir et d’autre part, les reflets roses du crépuscule sur le majestueux glacier Grey, les lueurs oranges sur les aiguilles du Torres à l’aube et le bleu minéral des lacs justifient à eux seuls les charmes de Las Torres del Paine.

Terminons par le meilleur et le plus simple, les images.

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28 mars : Trilogie Patagonne – Acte 2 : le Perito Moreno

Ça craque, ça grince, ça résonne… le tout accompagné des exclamations des touristes présents sur les lieux. Voilà notre première approche avec ce glacier (non, en fait, la première approche s’est faite 40 km auparavant, à l’entrée du parc où les gardes sont venus délester notre portefeuille de 20 euros chacun, qui faisait suite au racket pour venir en bus jusqu’ici… mais c’est déjà oublié !).

Vue spectaculaire, où l’on guette les blocs de glace qui se détachent pour venir se fracasser sur l’eau dans un bruit sourd, suivi d’un silence absolu pendant qu’une onde parfaite se propage sur le lac. Le moindre bout de glace qui tombe provoque un fracas répercuté par les parois de glace. Encore une conséquence du réchauffement climatique vous allez me dire… et bah non. Le glacier du Perito Moreno est l’un des rares qui progresse, de 70 centimètres sur les bords jusqu’à 2 mètres en son centre, par jour !

C’est les yeux pleins d’étoiles que l’on repartira après 5 heures d’observation… Une nouvelle fois, malgré l’afflux touristique du lieu, c’est encore une rencontre magique que nous a offert la Patagonie.

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25 mars : Trilogie Patagonne – Acte 1 : le Fitz Roy

Il y a des « immanquables » dans un voyage. La Patagonie regorge de paysages magnifiques, avec également ses incontournables… Vus et revus, photographiés sous tous les angles, mais tellement époustouflants, on va vous présenter 3 lieux extraordinaires, qui font le succès du tourisme en Patagonie, mais qui justifient à eux seuls un voyage. On ne vous parlera pas des désagréments engendrés par le tourisme à grande échelle qui est en train de se développer, mais simplement de la magie qui s’en dégage.

Aujourd’hui, première étape de notre trilogie au Fitz Roy, ensemble de pics, d’aiguilles et de glaciers au milieu de la pampa qui marque le début du « parque los glaciares ». Arrivés à El Chalten, estampillée « capitale nationale du trekking », l’ombre du Fitz Roy plane sur le petit village de 600 âmes. Toutes les randonnées ont en ligne de mire le fameux cirque dessiné par le Cerro Torre et le Cerro Fitz Roy parmi tant d’autres. Les fabuleuses conditions météo que l’on a eu pendant 4 jours (fait exceptionnel ici, le lieu étant plutôt réputé pour ses vents violents, ses températures négatives et son ciel capricieux) ont magnifié les couleurs de l’automne.

Petit mot également sur Ushuaïa… il y a des lieux qui font rêver, et lorsqu’on établi un voyage d’un an, Ushuaïa fait partie des 2 ou 3 noms qui ressortent irrémédiablement pour déterminer un itinéraire et c’était bien évidemment un point d’orgue de notre périple. Et bah… finalement, nous n’irons pas « al fin del mundo », ville la plus australe du monde (ce qui n’est pas vraiment vrai, puisque Puerto Williams se situe encore plus au sud, côté chilien). Ce nom restera donc pour nous un mythe, et c’est peut-être mieux ainsi !

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21 mars : vents de révoltes sur la Carretera Austral

Notre parcours nous amène sur la fameuse Carretera Austral, au Chili, prolongement naturel de la Panaméricaine. On nous avait dit « allez-y, en stop c’est facile, tout le monde s’arrête !! »… Ouais bon, après plus d’une vingtaine heures d’attente cumulées, quelques parties de dés au bord de la route, et tout un répertoire de chanson françaises épuisées, on vous le dit : non, le stop en basse saison et en plein contexte de mouvements sociaux sur la Carretera, ça ne marche pas si bien que ça !

Ça s’agite en effet beaucoup dans la région de Puerto Aysen, car suite à l’augmentation très forte du coût de la vie (de l’essence en particulier), des protestations sociales ont vu le jour il y a plus d’un mois. Des blocages sont donc en place entre Chaiten et Coyhaique, empêchant le passage des véhicules de temps à autre. On a pu voir toute une région en ébullition où le message « Aysen, tu problema es mi problema » orne les rues et les devantures de magasins… et où le drapeau noir triangulaire flotte au vent. La ville de Coyhaique nous donne l’impression d’être en état de siège (magasins barricadés, grilles à demi-fermées, rayons à moitié vides et voitures brûlées), pendant qu’au même moment de violents affrontements entre des manifestants et les « carabineros » ont lieu dans la ville voisine de Puerto Aysen. Mais qu’à cela ne tienne, à force de persévérance, de pouces tendus, (et, il faut bien l’avouer, de quelques heures de bus), on l’a quand même bien parcourue cette Carretera !

Au final, on sera donc monté : dans la R12 (sic !!) d’un vrai gaucho, dans une petite Gol (comme une Golf, sans le « F », ni la technologie et avec 1 mètre de moins), dans un 4X4 flambant neuf de 2 suisses-allemands (à qui on a un peu forcé la main à vrai dire), dans une camionnette de charpentier qui filait travailler (un dimanche), dans la benne d’une autre camionnette occupée par un chien à l’air dépité, dans la benne (eh oui encore !) d’un pick-up d’une famille avec l’ado qui trouve le moyen de s’endormir malgré les secousses, dans la cabine du 35 tonnes de Mauricio (routier chilien), dans le pick-up de la DDE locale pour faire 400m (de côte très raide), à deux sur le siège passager d’un papy qui rentrait du bois, dans le monospace gadgétisé d’une famille après que notre bus soit tombé en panne au milieu de nulle part, puis, pour finir, 15 minutes dans un pickup pour sortir du territoire chilien et 10 minutes de 4×4 pour entrer en territoire argentin. Ouf !!

Nous voilà à Los Antiguos où nous enchaînons avec 14 heures de bus pour traverser la pampa (qui se définit comme ceci pour nous : tempête de ciel bleu, toundra jaune et… des kilomètres de fil barbelé).  Une autre route mythique, argentine cette fois-ci : la Ruta 40 !

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13 mars : Une ascension… mouvementée

Plus haut volcan de Patagonie, le Lanin domine la région des 7 lacs du haut de ses 3776m. Cône parfait qui se détache au loin, notre soif de conquête ne pouvait résister à ce géant. On s’organise donc pour réaliser cette randonnée un peu engagée sur glacier.

Itinéraire

A l’entrée du Parc, les gardes vérifient que l’on dispose bien du matériel requis pour l’ascension : crampons, piolets, réchaud à essence et radio VHF.

Première journée facile pour atteindre le refuge. 1500m de dénivelée, avalée en moins de 4h en compagnie de deux acolytes israéliens, Uriel et Nitaï, qui viennent de terminer leur service militaire (de 3 ans !). La montée s’effectue dans les pierres de lave avec toujours comme point de mire le sommet du Lanin. On croise un premier refuge, le temps d’échanger quelques mots avec les deux militaires qui gardent les lieux (et surtout un œil sur la vallée, frontière entre le Chili et l’Argentine). Le deuxième refuge, 45 minutes plus haut est une simple cabane en tôle : rudimentaire mais ça nous suffit ! Soirée ensoleillée et venteuse où l’on admire l’ombre du volcan sur la vallée.

Le réveil sonne à 4h, dur, dur…il fait 0°C ! On sort un premier orteil des sacs de couchage et c’est parti. Après une première montée dans les pierres à la frontale, on attaque le bas du glacier avec crampons et piolets à la lueur de la pleine lune. Un sommet rougeoie au loin. C’est le volcan Villarica qui est toujours en activité. Magique ! Le spectacle est vraiment merveilleux entre la lumière du jour qui se lève et qui laisse deviner un panorama exceptionnel et cette masse de glace que l’on s’apprête à gravir.

Aux alentours de 7h30, on commence à être inquiets. L’ascension pour sortir le sommet apparaît difficile et aucun itinéraire ne se dégage vraiment. On traverse deux couloirs avant de remonter dans le troisième, où se sont engagés Martine et Beiline, un couple argentin parti avant nous. On les rattrape rapidement, suivis d’Uriel… Nitaï et plus loin et semble souffrir physiquement, quand d’un coup il dévisse et fait une chute de 50 ou 100 mètres : sur le dos, sur le ventre, la tête qui tape… ces 15 ou 20 secondes nous semblent une éternité ! Un grand moment de peur et de doute s’installe. Heureusement, il a pu se stopper dans sa chute. Uriel descend rapidement à ses côtés, assez difficilement car la pente est gelée, à près de 40°. Après quelques minutes d’attente, nos deux compères retraversent le couloir pour faire demi-tour et rentrer au refuge, tandis que nous continuons la progression avec nos deux argentins.

Après quelques hésitations, on choisi de poursuivre l’ascension sur la zone mixte entre glace et rochers. Dernier passage à 45° pour atteindre le sommet tant convoité : on domine le Chili et l’Argentine du haut du volcan. Un panorama à 360° extraordinaire s’offre à nous. La rencontre avec un guide et son client au sommet ne nous met pas en confiance. On apprend qu’il y a eu 2 accidents grave ces trois derniers jours : un mort et une personne sortie d’une crevasse après une chute. La descente se fait de façon ultra prudente avec les conseils et l’aide avisée de Martin qui s’avère être un montagnard averti.

L’ascension est réputée facile à la bonne saison et dans de très bonnes conditions. Mais nous l’avons réalisée début mars alors que les pluies et le vent avaient lavé les pentes de neige transformant le tout en glace. Cette ascension nous rappelle combien les conditions météorologiques sont une donnée importante et peuvent changer la physionomie d’une course en montagne.

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10 mars : Le parcours pour nous suivre

Une petite carte pour une idée de l’immense parcours patagon qui nous attend. La Patagonie, sud mythique de l’Argentine et du Chili, commence pour nous dans la province de Neuquen. Nous allons donc descendre vers Martin de Los Andes et Junin (de Los Andes) pour faire l’ascension du volcan Lanin. Puis, nous  descendrons vers la région très « alpine » d’El Bolson. Destination ensuite côté chilien, à Futaleufu, d’où commencera notre périple en stop sur la « carretera austral » jusqu’à Cochrane. Nous referons tamponner les passeports côté argentin pour aller toujours plus au sud :  El Chalten et la région du mont Fitz Roy, puis El Calafate et le fameux glacier du Perito Moreno. Point d’orgue de la descente, « El fin del Mundo », la dénomée Ushuaïa ! Nous remonterons ensuite à Puerto Natales pour embarquer à bord d’un ferry qui nous mènera en 4 jours à travers les fjords chiliens à Puerto Montt.

Et pour vous faire patienter, une citation illustrée de Nico : « Ici, si vous êtes lassés de regarder le paysage, il suffit de lever la tête et de contempler le ciel. »

5 Comments to “Patagonie”

  1. odile dit :

    Il fait très beau en Savoie et pourtant je suis collé devant mon écran à vous regarder à vous suivre ! vos photos, vos vidéos sont très belles et je lis avec plaisir les commentaires… j’ai beau regarder avec un affectif énorme, je n’arrive pas à me dire que je ne suis pas objective devant votre site, votre voyage..continuez à me, nous, faire rêver.

    bizzzzz

  2. Karmapiné/Elea Gardi dit :

    Salut les loulous!!!
    Hou ben dites moi, à voir le programme que vous aviez concocté je suis presque contente d’avoir échappé à tout ça! On se dit quoi par mail.

    Vous embrasse

  3. Roland B CH dit :

    Images superbes..Patagonie, terre des sommets, des flammes, des pierres sortent de terre c’est beau!! Je vois sur les images qu’il y a aussi un manque de neige et de glace, même constat qu’en Equateur en 2007… En SAVOIE la pluie est attendue même désirée. il fait très beau ..et CELLIERS est en fleur..et le ski est top..Coureurs du monde mes amitiés les plus sincères Roland

  4. Claudie dit :

    Bonjour vous deux,
    Je suis toujours scotchée par vos images et par la qualité de votre site. Je vous suis, pas à pas, et je découvre tous ces pays que je n’ai pas visités et sur lesquels vous m’apprenez beaucoup. Merci de m’apporter du rêve et de me faire vivre tous ces moments superbes avec vous. D’autant plus quand le temps est aussi maussade qu’il est actuellement en Savoie…
    Bonne continuation, j’attends avec impatience la suite de votre aventure.

  5. odile dit :

    voilà je viens de regarder votre reportage sur l’ile de Chiloe et j’espère que je trouverai en Irlande prochainement un peu de cette nature, de cette authenticité que vous nous faites partager.

    comme pas mal j’attends déjà la prochaine vidéo !!
    plein de biz
    odile

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Laure et Olivier

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