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Thaïlande – le Nord

Du 6 au 20 novembre 2011

20 novembre 2011 – La magie du voyage à vélo

Un tour du monde… je ne sais depuis quand j’ai ce rêve en tête… peut être le prolongement de celui de ma mère d’ailleurs… Je me souviens des mes premières lectures, les seules qui me passionnaient lors de mes premières années de fac … bien plus en tous cas que Le Monde Diplomatique.  « Le tour du monde à vélo » de la famille Hervé ou encore « L’échappée belle » de Dominique Vérot et Damien Mignot m’ont ainsi accompagné de nombreuses soirées… Ce qui retenait le plus mon attention, au delà des rencontres et des paysages, c’était le premier chapitre, celui d’avant le départ, celui où ces aventuriers font part de leurs doutes, des interrogations de leurs proches, jusqu’à la prise de décision… C’est à cette période précise que mon rêve deviendra un projet. Il me faudra pourtant 10 ans pour mûrir ma réflexion… et  construire ma décision ! Mais revenons à mes lectures : quel est  point commun entre toutes ?  Le voyage à vélo et ce qu’il suscite.

Nous avons longuement hésité à partir en vélo sur un an… et puis, suite à nos expériences et à notre soif de découverte,  nous avons opté pour l’unique sac à dos plus pratique, tout en se promettant d’en faire un bout à vélo. Après tout, un tour du monde sans vélo, il aurait manqué quelque chose.

Après de nombreuses recherches, nous voilà donc équipés pour la suite du périple : vélos flambant neufs, sacoches solidement accrochées, pompe et kit de réparation dans le sac. Départ donc de Chiang Mai le 10 novembre à 7h30, direction Paï. Et le charme opère instantanément ! En effet, nous sommes partis depuis 2 heures, le temps de sortir de la torpeur de Chiang Mai et de sa banlieue qui n’en finit pas (des habitations et des magasins sur plus de 35 kilomètres sans discontinuer), que s’impose la première pause. Le patron de la petite échoppe où nous nous arrêtons s’invite directement à notre table, et nous apporte un régime de bananes en cadeau ! Il engage aussitôt la conversation pour savoir où se dirigent ces deux jeunes gens… en vélo, alors que le 4X4 est ici la norme. Quelle ne fût sa réaction quand on lui annonça Paï !! Mais bon, nous ne tenons pas trop compte des ses remarques, nous nous sentons tellement libres que rien ne pourrait nous arrêter.  Nous ne comptons pas les marques de sympathie tout au long de la route, les coups de klaxon, les pouces levés, les encouragements, les photos (!!) juste parce que l’on est en train d’en baver sur les montées ahurissantes que nous propose cette route. Une jeune femme ira même jusqu’à crier « I Love You » à Laure en la voyant se débattre sur une pente, où les mobs sont obligés de passer la première pour avancer!

Pour une reprise en vélo, notre choix s’avère en effet ambitieux ; à vrai dire, je n’avais pas étudié la carte plus en détails. Le premier jour, nous effectuons 82 kilomètres, 1200 mètres de dénivelée sur la route 1095 qui se révèle être une route mythique pour les Thaïs… on dénombre en effet deux cols à 1400 mètres d’altitude et 762 virages pour relier Chiang Maï et Paï, distantes pourtant de seulement 137 kilomètres. En arrivant en fin de journée dans une guesthouse, le gérant se prend de sympathie pour nous et nous embarque le soir même dans son village pour partager la suite des festivités de  Yi Peng (Loy Krathong – voir post précédent). Nous assistons à la fin d’une cérémonie bouddhiste, suivie d’un concours de « Bang Faï », feux d’artifices locaux. Sitôt terminé, nous remontons à trois sur son quad… le temps de parcourir 3 kilomètres et de s’arrêter au village suivant… pour une pendaison de crémaillère !! A renfort de grand coup de whisky local, nous voilà en train de fêter dignement l’emménagement de ce jeune couple, tout heureux d’accueillir chez eux des inconnus, et d’échanger quelques mots en anglais.

Voilà le récit de notre première journée de « cyclos », qui révèle à mon sens toute la magie du voyage à vélo, qui permet de tisser des liens et de se retrouver dans des situations extraordinaires… l’espace d’un instant, je me sens à hauteur de tous ces récits qui m’ont fait rêver, de ces aventuriers qui m’ont tant inspiré. Oui, le vélo favorise la rencontre et déclenche la sympathie et le contact immédiat sur notre passage. Il donne un nouveau sens à notre voyage ; une partie de ce que je suis venu chercher !

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11 novembre 2011 – Yi Peng ou la fête des lumières

Nous arrivons de nuit sur Chiang Mai. Défilement de phares, de lampadaires, de voitures, de mobs… au détour d’un regard, j’aperçois deux éléphants lumineux qui s’embrassent. Je  pense à une hallucination et mets cela sur le compte de la fatigue. Nous sommes partis tôt ce matin de Luang Nam Tha au Laos, avons passé la frontière dans l’après-midi et roulons depuis tout ce temps. Puis, un dragon rouge et orange me nargue de sa langue et de son œil vif, puis des lampions, par centaines, puis par milliers. On n’est plus aveuglés par la lueur de phares, mais par ces milliers de lampions, sur ces places que nous traversons.

Nous sommes ainsi par hasard arrivés à Chiang Mai pour l’ouverture du festival de Yi Peng, un des plus importants festivals du Nord de la Thaïlande qui célèbre la fin de la saison des pluies. On l’appelle aussi « Loy Khratong ». La ville est transformée, illuminée, des pétards et des feux d’artifices sont lancés dans les rues, dans les jardins, sur le trottoir, et même en plein jour. C’est une fête extrêmement populaire chez les thaïs, qui sont des milliers à suivre la cérémonie d’ouverture. Nous assistons au défilé qui propose une présentation des différents volets de la culture du Nord avec hommes, femmes, enfants en costumes derrière des chars lumineux et décorés. Certaines ethnies sont représentées. On assiste également à de courtes démonstrations de danse traditionnelles.

Chaque soir, pendant toute la durée du festival, chacun doit allumer un lampion blanc et faire une prière en le regardant s’envoler dans le ciel. La nuit laisse alors apparaître de petites lueurs jaunes, comme des étoiles naissantes, filantes, éphémères. Les fleuves scintillent également de petites pointes dorées, car les habitants font flotter sur les eaux des petits radeaux faits de bambous et de feuilles tressées surmontés d’une bougie.

Malgré la foule, la musique, les flashs, on ressent la magie de l’instant. La nuit permet de belles choses. Drôle de sentiment que de se rendre compte qu’un jeu de lumière prend toute sa beauté dans le noir infini – car l’œil se concentre sur ce qui émerge de la nuit, ce qui le prend au piège et ce qui le fait rêver.

1 Comments to “Thaïlande – le Nord”

  1. eugenie dit :

    la corse était un entrainement… allez les coco !
    profitez bien de cette partie de voyage en vélo.
    bye

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Laure et Olivier

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