Argentine

Du 13 avril au 1er Mai

29 avril : les mille et unes couleurs du nord argentin

Nous laissons l’agitation de Buenos Aires derrière nous, direction Salta, près de la frontière bolivienne.

À notre arrivée, dans la Quebrada de Humahuaca, c’est une explosion de couleurs qui nous attend. À notre grande surprise, le dépaysement est total :  villages en pisés, rues en terre, sommets à plus de 4000m, cactus, rios asséchés, hommes et femmes aux visages mats, burinés et aux sourires grands comme ça.

Bref de la vallée des sept couleurs à la « caminata de las senoritas », au village perdu de Iruya, on découvre une autre argentine, aux richesses géologiques époustouflantes.  Mieux que les mots, on vous laisse découvrir les images.

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24 avril : la Bombonera*, au bord de l’explosion

Le « futbol » en argentine, est une religion où les joueurs sont des dieux vivants. Aujourd’hui immersion dans la Bombonera, le stade mythique des Boca Juniors. Les 50 000 personnes dans cette cathédrale de béton offrent un spectacle sonore ahurissant. Le show, ici, c’est bien dans les tribunes, enfin…disons dans cette cocotte minute, car il n’y a pas de sièges et les escaliers sont littéralement à la verticale.

Jour de match : le quartier de la Boca se pare de bleu et jaune (les couleurs du club), le rouge étant banni (couleur synonyme de River Plate, le club ennemi). Même Coca-Cola n’a pu y échapper et c’est donc en noir et blanc que la célèbre marque de soda apparaît dans le stade. La ferveur est poignante, les chants se succèdent avant, pendant et après le match sans discontinuer. On sent les gradins supérieurs vibrer, une certaine moiteur se dégage, mélange de chaleur, fumée de cigarette et sueur. La position idéale s’avère être : les pieds à moitié dans le vide, accoudé sur les épaules de la personne devant soi, pendant que l’on sert soi-même d’accoudoir à celui de derrière, le genou gauche calé contre le dos d’un ado et la jambe droite coincée par une supportrice au bord de l’asphyxie.

Tout est réuni pour une analyse sociologique : deux buts (gooooooooals !!!!), victoire de Boca, un carton rouge pour l’adversaire, et une volée de la star locale pour clôturer le score.

Il ne manquait finalement que Dieu, qui a son siège réservé à vie dans la tribune résidentielle au-dessus de son portrait géant….il faut comprendre Maradona bien sûr !

*Bombonera =  la bonbonnière

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20 avril : Buenos Aires, la multiple

Buenos Aires, la « Capitale Federal », la belle, la bruyante, la culturelle avec ses portenas* à la classe légendaire. C’est un autre monde pour les millions d’argentins qui vivent dans le reste de cet immense pays ; Buenos Aires est européenne quand l’Argentine est sud américaine. Un dicton dit d’ailleurs : Dieu est partout en Argentine, mais ne reçoit qu’à Buenos Aires.

Tout va très vite ici. La foule se presse à la station Retiro où les plateformes de départ des bus s’étalent sur 3 étages et sur une soixantaine de places.
Après être arrivés sur l’avenue « 9 de Julio », la véritable artère de la ville, sans doute la plus large avenue du monde avec ses 125 m et ses 18 voies, nos errances nous mènent ensuite sur la place de Mai, où trônent encore les banderoles des manifestations pour la restitution des îles Malouines.

Teresa, Romina, Mathias et Santiago nous accueillent dans leur appartement pour 5 nuits. Famille plus que détonante, formée par Romina, qui est psy, mariée à Teresa, qui est flic, et leurs deux enfants de 9 et 3 ans. Ajoutez à cela une énergie débordante, une petite tendance à couvrir d’amour maternel tout ce qui entre dans la maison (des 2 lézards à la tortue en passant par nous !), on était plutôt bien au milieu de cet ouragan !

Chaque jour nous visitons un quartier différent, avec sa propre ambiance :
Recoleta, sa féria, son cimetière, où trône le fantôme d’Evita et son magasin de glace.
San Telmo, son immense marché du dimanche, ses peintres, ses rues piétonnes, son atmosphère bohème, ses danseurs de tango et son groupe de jazz où une touriste américaine improvise un blues.
La Boca, ses couleurs et son « caminito », ancien quartier occupé par les immigrés espagnols et italiens, qui, faute de quantité de peinture suffisante, ont repeint les façades avec tous les fonds de pots qui leurs tombaient sous la main.
Puerto Madero, anciens « docks » réhabilités en un quartier chic.
Palermo, quartier « bobo » bordé par la Plaza Italia et ses parcs, où s’érige la « Floralis Genetica », fleur en métal de plusieurs mètres de haut qui s’ouvre chaque matin comme une fleur réelle et se referme au cours de la journée en suivant le rythme du soleil.

Et puis Buenos Aires, c’est également… un litre de bière (chacun !) englouti sur le rythme endiablé de « la Bomba de Tiempo » au Konex, les glaces de chez « Fredo », des danseurs de tango, des empanadas**, encore un marché, la bibliothèque des années 70 et les pizzas au fromage qui déborde.

Voilà, nous avons fait le plein de bruit, de rencontres, de musiques, de danses, de sensualité, de rires, de vins, de bus, de taxis…

Et bien évidemment, nous nous sommes nourris des airs de tango qui se dévoilent au détour de chaque quartier, nous avons fait chauffer le plancher des Milongas, partagé un café avec des danseurs… mais là, c’est un sujet à part entière.

Rendez-vous prochainement !

*Portenas :  les habitantes de Buenos Aires

**Empanadas :  sortes de chaussons fris ou cuits au four et fourrés à la viande ou au fromage

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Du 15 février au 2 mars

29 février : tribulations argentines ou les sales gosses

Nouveau continent, nouvelles contrées, nouvelle langue… c’est un peu perdus que nous arrivons en territoire argentin. Et c’est avec grand plaisir qu’on retrouve un visage connu. Nos 15 premiers jours sur le continent sud américain, nos premières tribulations argentines se feront à 3.

Notre guide Nico nous promène à Mendoza et ses alentours à vélo à travers les vignes et à la rencontre des vignerons. Malbec, Chardonnay, Shiraz… n’ont plus de secrets pour nous. La conduite des vélos s’en ressent après quelques verres de dégustation. Nous découvrons des exploitations familiales, mais aussi un des monstres de la production viticole de masse aux 120 cuves et 5000 tonneaux… Une belle entrée en matière dans la culture argentine et son mode de vie !

La cordillère nous nargue au loin… le mythique Aconcagua fait parler de lui à chaque coin de rue de Mendoza. On prend donc la route pour Penitentes et son charmant « refugio » tout de bois. Deux jours de rando nous mènent au Cerro de Penitentes, à plus de 4300 mètres d’altitude, d’où nous contemplons, silencieux, le sommet enneigé de l’Aconcagua. Seules les notes de l’harmonica de Nico viennent troubler le sifflement du vent violent à nos oreilles. Le temps s’arrête pour que nos yeux et nos mémoires retiennent le moindre bout de sommet, la moindre pierre qui forme cette immensité.

Retour au monde réel et au bitume… On choisi l’option autostop pour repartir de cette vallée, direction Uspallata. Cinq minutes chronos d’attente, juste le temps de charger nos sacs à l’arrière d’un pick-up et de s’installer dans la benne, bien cramponnés à nos affaires. Les paysages magnifiques défilent avec pour toile de fond l’Aconcagua… A peine 15 minutes, et nous sommes stoppés à un contrôle de douane… aïe, la poisse… contrôle des passeports pour commencer, et… ce sera tout ! Les policiers nous saluent bien en nous lançant  « suerte y buen viaje ! »*.

A Upsallata, on refait du stop pour rallier Barréal. Cette fois… l’attente est plus longue : 4 heures, pouces levés sur fond de musique argentine et les chants des prières familiales (nous sommes dimanche en nation catholique !). Nico et Oliv’ se lancent dans une pétanque improbable (avec des pierres – score 10/13, 13/11, 13/10)…et, comme il se doit, on en profite pour refaire le monde.

Barréal, petit village de campagne où règne une douce léthargie à peine troublée par les aboiements des chiens et le passage de quelques charrettes. Routes en terre, « kioscos » minuscules où se bousculent 4 morceaux de pain, des saules pleureurs à chaque angle de rue et des veilles bagnoles des années 60… sans oublier les meilleures glaces de la région. Nous partons une journée explorer la Pampa et le Parque de Leoncito et terminons par une soirée à l’observatoire à se faire expliquer les constellations de l’hémisphère sud. La Pampa est un ancien lac asséché devenu immense étendue plane, blanche, territoire où le vent souffle comme jamais, faisant la joie des chars à voile.

Direction San Juan, puis San Augustin de Valle Fertil afin d’aller visiter les parcs de la Valle de la Luna et de Talampaya, classés au patrimoine de l’Unesco. Après un échec cuisant pour tenter de rester au « camping municipal » (les toilettes nous ont rappelés un peu certains coins de l’Inde…), on atterri à l’auberge Campo Base, où l’on campe dans le jardin du mémorable « El Indio » (bellâtre argentin tout droit sorti d’un clip de R N’B, qui a la bonne idée de nous faire écouter tous les tubes de l’été – heureusement que Nico aime la bonne musique !)

Les accès aux parcs aménagés se font uniquement accompagnés par des guides. Impossible d’y aller seuls et de rester plusieurs jours par exemple. On se laisse donc guider dans la Valle de la Luna, qui porte bien son nom tant ses reliefs et ses couleurs nous donnent la sensation d’être sur un astre. Le canyon de Talampaya est également des plus impressionnant avec ses 150 mètres de falaise qui nous guettent et sa couleur flamboyante. Seuls les bruissements d’ailes des condors au-dessus de nos têtes résonnent dans cette immense faille.

De retour à San Juan, nos routes se séparent ici. Nico repasse au Chili en valise diplomatique** pour terminer son voyage avant de rentrer en France et nous, nous prenons la route vers le sud… Patagonie, nous voilà !

Ces premières tribulations à 3 nous ont mis l’eau à la bouche ! C’est plein d’énergie et le carnet rempli de notes et de conseils qu’on repart pour ces 5 prochains mois.

*« Bonne chance et bon voyage ! »

**voir son site internet : ici

2 Comments to “Argentine”

  1. nico dit :

    Hola chicos !

    Merci pour le clin d’œil musical de la video ! Mais quitte a me répéter, ça vaut pas Michel Telo !!

    Nico

    PS : et pour tout ceux, nombreux je n’en doute pas, qui voudraient passer la frontière Chili – Argentine au niveau du paso Agua Negra, je peux en effet vous laisser les coordonnées d’un bon chauffeur…

  2. nicolas dit :

    vous avez encore une super forme et vous faites de belles rencontre. C’est super continuez, je suis à fond avec vous. Si vous voulez voir un peu de ski, vous tapez « agence zoom » j’avais le dossard 19 en final du challenge. bisou

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Laure et Olivier

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