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Ladakh – Les danses Cham

Phyang, Ladakh, 28 et 29 Juillet 2011

La première forme de danse croisée pendant notre périple en Inde le fut au détour d’un petit village ladakhi, connut pour son monastère et son festival de l’été. Nous avons assisté à des danses traditionnelles Cham, interprétées par des moines bouddhistes. Malgré l’aspect un peu trop touristique du festival, à notre goût, nous avons pu faire quelques images et se documenter sur ces danses étranges, qui tiennent plus du rituel que du spectacle à par entière.

L’histoire fait remonter l’exécution des danses Cham au règne de Songtsen Gamp, la branche bouddhiste du mahayana, qui créa pour la première fois ces danses rituelles appelées CHAM. Ces danses étaient célébrées à l’origine dans le secret des monastères et limitées aux seuls cercles des initiés. Avec le temps, les représentations publiques se sont multipliées.

Côté musique : tambours, cymbales, cors, hautbois, et trompes télescopiques en cuivre de différentes tailles accompagnent la danse. Ce sont les instruments traditionnels de la musique religieuse bouddhiste. Ce sont les moines eux mêmes, en costumes traditionnels, qui interprètent la musique, sur une scène surélevée, devant l’assistance.

Côté costumes et décors: les « danseurs » masqués et costumés apparaissent progressivement et exécutent des danses lentes en tournant autour de la « scène » symbolisée par une roue de Mandala dessinée à la craie au sol. Les masques sont impressionnants de beauté et de précisions. Ils laissent apparaitre des têtes de mort : allégorie des forces du mal et de la mort que la loi bouddhique permet de dépasser. Les masques sont identiques aux personnages tantriques que l’on retrouve dans les nombreuses fresques présentes dans les cours ou à l’intérieur des monastères (voir Photos).

Les costumes, fabriqués à partir de matières précieuses, sont pleins de couleurs et de dessins finement brodés. Les accessoires que l’on aperçoit dans la vidéo correspondent à des armes rituelles.

Côté danse : un Cham se déroule normalement en trois étapes. Nous avons assisté à la deuxième, c’est à dire à la danse elle-même, dans la cour du monastère (une première étape en forme de rituel de préparation des moines précède normalement la deuxième).

L’aire de danse est donc circulaire et dessinée au sol. Les moines-danseurs reproduisent dans l’espace les prescriptions iconographiques et séquentielles écrites dans un manuel de danse très précis. Ils sont tous masqués et donc muets. Les scènes jouées sont assez difficiles à comprendre car elles représentent des personnages tantriques précis, des forces du mal et elles visent à montrer aux spectateurs les divinités qu’ils verront après leur mort pour pouvoir les reconnaître. Ces danses ont pour objectif de donner à voir la transformation des turbulences psychiques en énergie de compassion et de sagesse.

On aperçoit au delà des quelques touristes beaucoup de ladakhis et de tibétains parmi les spectateurs. Cependant, ils ne conçoivent pas ces danses comme des « spectacles », mais avant tout comme des rituels, destinés à exorciser le mal en invoquant des divinités puissantes.

Ces danses cham sont donc plus caractéristiques d’un art sacré qui fait partie de la vie quotidienne des bouddhistes, plus que d’une production chorégraphique à des fins purement esthétiques.

1 Comments to “Ladakh – Les danses Cham”

  1. Viviane Huys dit :

    Magnifique, même si le projet n’est pas a priori esthétique, les « signes dansés » s’enchaînent de façon si fluide.
    Grand merci pour ces séquences reportage et bonne continuation à vous 2,
    Viviane

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Laure et Olivier

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