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Laos – Festival Fang Mae Khong

27 octobre 2011

Petit pays, un des plus pauvres d’Asie du Sud Est – lorsqu’on pense au Laos, on s’imagine que le temps s’y est arrêté et qu’il n’y perdure qu’une culture traditionnelle. C’est une erreur, le temps passe ici à une vitesse folle, en témoigne l’explosion de la danse Hip hop, véritable phénomène social.

Avant de mettre un pied au Laos, le rendez-vous était déjà pris avec Olé, Fabiola, Caroline, Ounla, Aelevan… et toute l’équipe d’organisation du festival Fang Mae Khong (« écoute le Mékong »). Une étape un peu particulière dans le périple, puisqu’elle nous permet de témoigner de la scène actuelle au Laos, histoire de voir la danse qui fait vibrer les laotiens aujourd’hui.

La danse Hip-Hop, un phénomène social

L’histoire de la danse Hip Hop  au Laos est récente et très différente de l’histoire du hip hop français. La musique moderne, les connexions internet sont arrivées au début des années 2000, amenant avec elles les images de battle Hip Hop et de performances des Etats-Unis ou d’Europe. Ici, c’est une découverte et une explosion pour les jeunes. Ils s’approprient immédiatement cette nouvelle danse et travaillent d’arrachepied  leur technique pour réussir les prouesses acrobatiques aperçues sur le net. Mais ce n’est pas une revendication sociale de jeunes en difficulté comme on a  pu le voir en France au début des années 90. Les jeunes danseurs hip hop au Laos sont issus des classes moyennes. La danse est simplement un nouveau moyen d’expression. Et ils progressent à une vitesse folle. On compte aujourd’hui un laotien parmi les 10 premiers champions mondiaux de break dance.

Depuis plusieurs années, Olé Khamchanla (chorégraphe français) s’investit dans son pays natal auprès des jeunes danseurs. Ses objectifs ? Les aider à développer leur technique, mais surtout les ouvrir à la création chorégraphique, en leur faisant à la fois découvrir des productions contemporaines et en les initiant à d’autre type de danses, tout en gardant le lien fort existant avec la danse traditionnelle lao, que tous pratiquent depuis leur plus jeune âge.

Une programmation éclectique

Le festival regroupait ainsi une vingtaine d’artistes professionnels et une dizaine d’artistes amateurs. Le mot d’ordre étant « ouverture et découverte », la programmation se veut assez large : la compagnie co-organisatrice du festival, les « Lao bang Fai » , trois danseurs de Singapour, proposant danse contemporaine et danse Indienne, trois artistes du Cambodge, issus de l’école d’arts de Phnom Penh pour une création mêlant danse traditionnelle khmer et danse moderne, deux danseurs du Myanmar (Birmanie) proposant un spectacle au confins de la danse Hip Hop et  traditionnelle, deux artistes français proposant une répertoire hip hop ouvert sur le contemporain et le burlesque. Enfin, la compagnie française Kham, dans une chorégraphie d’Olé Khamchanla, qui rejouait « Fang lao » pièce mixant danse contemporaine, hip-hop et traditionnelle lao. En journée, plusieurs ateliers étaient proposés afin d’ouvrir le public laotien à la pratique.

Un festival itinérant

Le festival a pour but de faire découvrir la danse sous ses formes nouvelles aux laotiens. Ainsi, il a débuté par une tournée dans les villages aux alentours de Ventiane, la capitale, avec des groupes de danseurs amateurs. La première a eu lieu à Thakek, ville située au sud de Ventiane, à 8h de bus. Là, la communication sur place n’a pas été faite avant, mais nous sommes au Laos, alors tout s’improvise au dernier moment et c’est ainsi que cela fonctionne. A cause de la pluie, la représentation ne peut se dérouler sur la scène extérieure. Le spectacle est transféré sous un kiosque sur une place de la ville. Après quelques annonces improvisées dans la rue et quelques textos glanés par là, on va également chercher les gens sur le trottoir. Une heure trente plus tard, la foule commence à se presser près du kiosque, sans trop savoir ce qui l’attend, mais ouverte à la surprise.

Après deux représentations à Thakek, la troupe reprend la route pour deux autres soirées au Culture Hall de Ventiane, qui débutent par une battle Hip Hop en plein air, où s’affronte des jeunes de Ventiane et d’autres venus du Sud du pays.

Les réactions du public sont intéressantes. Les mouvements purement issus de la danse hip hop, provoquent presque l’hystérie générale, tandis que les choses plus pointues, plus contemporaines provoquent des rires. C’est en fait une réaction assez inhabituelle pour nous, public averti occidental. Lorsqu’ils ne comprennent pas ce qui se passent sur scène, ou sont gênés par un mouvement ou une posture, les laotiens rient de bon cœur. C’est assez déroutant, mais tellement joyeux ! Le public est composé en grande majorité de laotiens même si quelques expatriés remplissent les rangs. C’est une vraie découverte pour le public local, plutôt jeune et familial. Pari réussi !

Chemin faisant, le festival termine sa route au Nord, à Luang Prabang, après 12h de bus assez….fatigantes. La scène a été montée la veille de notre arrivée, mais… à 1,50m du sol, soit 10 fois trop haut étant donné qu’il n’y a pas de gradins de prévus. Qu’à cela ne tienne, on fait couper les pieds de la scène. Mais, une fois sa hauteur acceptable retrouvée, tout s’écroule !! Bon… il ne reste plus qu’à installer le revêtement de sol à même la dalle de la place Soupanouvong, sous le regard bienveillant de l’ancien président Lao, dont la statue trône sur son socle derrière nous.

La configuration de la scène ayant changé, le public se place des 4 côtés… modifiant complètement le rapport frontal prévu à l’origine. Partant de ce constant, les danseurs s’adaptent et changent un peu leur façon de danser, afin que tout le monde devant, derrière, et sur les côtés puisse voir quelque chose. Le public ici n’est presque composé que de laotiens, intrigués par la musique. A la fin du premier soir, le public est conquis, rendez vous est pris le lendemain pour la suite de la programmation.

Comble du comble pour ce pays, le lendemain, le public est là….en avance !! A 18h45, les jeunes se pressent déjà de part et d’autre de la scène. Le spectacle commencera à l’heure, miracle !

Malgré la difficulté d’organiser un tel événement ici, et malgré les soucis techniques et de communication, on peut dire que Olé Khamchanla et les Lao Bang Fai on atteint leurs objectifs : créer la surprise, la découverte, permettre  à des artistes locaux de s’exprimer, faire découvrir des productions internationales et d’Asie du Sud-Est, montrer que l’on peut mélanger danse traditionnelle, danse hip hop et danse contemporaine sans porter atteinte aux codes ni de l’une ni de l’autre, voir des visages de gamins de 6 ans s’émerveiller….et leurs petits frères de 3 ans se jeter par terre pour tenter une pirouette sur la tête !

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7 octobre 2011

Dans le cadre de l’avant-première du festival, l’Institut Français de Ventiane a organisé une soirée consacrée au thème « Autour de la danse ». Les organisateurs de Fang Mae Khong nous ont proposé de présenter notre projet, nos premières découvertes dansées en Inde et les compagnies de danse de la région Rhône-Alpes que nous représentons. Voici un petit retour en image sur cette soirée, avec nos remerciements à Fang Mae Khong et à l’Institut Français! Pour télécharger le tract qui présente notre projet :  ici.

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27 septembre 2011 : voici le programme de l’édition 2011 du festival.

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Juin 2011

La compagnie française KHAM – (Allan 26), avec son directeur artistique, Olé Khamchanla, a créé le festival  « Fang Mae Khong » (« Écoute le Mékong »), premier Festival International de danse de Ventiane en collaboration avec la compagnie de danse locale Lao Bang Fai.

Ce festival  a pour objectif de donner une visibilité aux compagnies de danse des pays du Mékong, de favoriser la rencontre et l’échange entre artistes et producteurs, et d’accompagner les jeunes danseurs en devenir.  Parmi les objectifs du festival, il y a la volonté de créer des ponts artistiques et sociaux, et de témoigner d’une exigence d’excellence nouvelle dans les projets culturels en Asie du Sud-Est, tout particulièrement au Laos, un pays où trop souvent encore les artistes sont cantonnés à la promotion de marques commerciales, dans des conditions techniques médiocres, et sans grande liberté de création.

Nous serons associés à l’édition 2011 du festival qui se tiendra du 8 au 23 octobre entre Ventiane, Luang Prabang et Takek.

L’occasion pour nous de rencontrer des danseurs des 4 pays d’Asie du Sud-Est. Nous proposerons également dans une salle de projection mise à disposition pour toute la durée du festival, une diffusion des productions réalisées par les compagnies françaises partenaires, à savoir, la Cie Comme tes pieds, la Cie Sylvie Guillermin et la Cie Joseph Aka.  La projection sera accompagnée d’une présentation de notre projet en anglais.

On vous racontera tout cela bientôt en images!


2 Comments to “Laos – Festival Fang Mae Khong”

  1. Marie SÉJON ONILLON dit :

    Fière de vous voir bien à l’aise et de faire connaître votre projet !

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Laure et Olivier

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